Bonjour,
Avant les vacances, une toute jeune femme est venue participer au cours. C'était son tout premier cours de yoga.
Elle m'a interrompue, un peu affolée: pendant le temps de repos couché sur le dos, elle n'avait pas su se détendre : elle a fait son planning entier de la semaine (sic). Je lui ai répondu que savoir se détendre et être présent à soi-même est un véritable apprentissage.
Et oui, toute notre vie, on nous apprend à faire toujours plus, toujours mieux, toujours plus vite. On nous apprend à tenir bon, à ne surtout pas ' s'écouter' car cela serait faire preuve de faiblesse.
En conséquence de quoi, être présent à soi-même est un apprentissage totalement inédit pour la plupart d'entre nous, et cela demande du temps, de l'application et de la détermination pour le mettre en place .
Je ne sais pas en définitive si j'ai encouragé ou découragé cette jeune fille dans la voie du yoga. En tous cas, je lui ai donné la réponse qui me semblait juste : seule une pratique qui s'inscrit dans la durée permet de progresser vers la pleine conscience.

Comme la lumière perce le manteau de pluie,
la présence à soi même, peu à peu, fleurit.
Et puis aujourd'hui en faisant le ménage dans mes fichiers, j'ai retrouvé une interview de Matthieu Ricard que j'avais trouvée sur le net. Et celà m'a conforté dans mon opinion. Mes excuses à l'auteur(e), je ne puis citer la source car j'ai juste copié le contenu dans un fichier txt.
Dans cette interview, il parle de méditation, de présence à soi et aux autres. En voici un extrait : <<Il y a un minimum d’effort et d’attention aux méthodes qui sont nécessaires. C’est comme pour le piano: personne n’imagine pouvoir apprendre en un mois sans effort et sans méthode.>> .
Voici l'interview complète, bonne lecture!
Namasté
Claudine
" Psycho: je n'arrive pas à me concentrer
Elsa 06/01/2011

«Vivre le moment présent», l’expression-buzz du XXIe siècle, est sur toutes les lèvres: acteurs, psy, sexologues, belle-sœur...Mais qu’est-ce que ça veut dire? Réponses de Matthieu Ricard, maître de concentration.
Matthieu Ricard, photographe, moine bouddhiste, traducteur du Dalaï-Lama, généticien et auteur prolixe, est la preuve vivante que l’on peut faire plein de choses à 100 %.
Y a-t-il un lien entre l’«attention au moment présent» ou la «pleine conscience» et le bonheur ?
Oui. Si l’on regarde les facteurs de troubles qui obscurcissent notre esprit et provoquent un malaise, un sentiment d’affliction, parfois la dépression, c’est très souvent la rumination excessive du passé, ou l’anticipation constante de l’avenir dans le sens d’espoirs et de craintes. Dans ce cas, on est toujours hors du moment présent.
Comme quand on pense aux courses quand on est au lit, ou aux enfants en réunion…
Exactement. C’est une distraction presque passive. Le moment est peuplé de pensées sauvages, liées à ce qui va se passer ou ce qui s’est passé. Une conséquence de ce dispersement, c’est qu’on n’est jamais totalement présent avec quelqu’un. On est au téléphone et on écrit un mail en même temps. On n’accorde pas la même valeur à l’autre si on n’est pas entièrement présent.
Les méditants très entraînés sont-ils dès lors capables d’être plus présents avec les autres?
Si vous aviez, par exemple, l’occasion de parler dix minutes avec le président Obama, vous ne penseriez pas à autre chose, vous seriez 100 % avec lui. Le Dalaï-Lama est comme ça avec tout le monde, que ce soit avec un président ou avec quelqu’un qui l’aborde dans une foule. Il est incroyablemet présent. Non pas comme Dalaï-Lama, comme moine ou comme Tibétain, mais comme être humain. Et ça, ça se sent incroyablement.
Peut-on aussi s’entraîner à être présent à un paysage, une situation?
Évidemment. Si je suis en train d’écrire face à la beauté de la chaîne himalayenne, je ne vais pas commencer à penser à ce que je ferai à New York le mois d’après. Sinon, c’est perdu. Je loupe le coche. Dans le bouddhisme, on parle souvent de la fraîcheur du moment présent. Si je ne suis pas présent à l’Himalaya, je perds ce moment de tranquilité, de beauté et de sérénité qu’il m’apporte.
Pendant qu’on parle, l’attachée de presse est en train d’allumer le lave-vaisselle. L’aviez-vous entendue?
Oui, j’entends l’attachée de presse mais je ne me demande pas: «Tiens, que fait-elle? Pourquoi?" On a étudié que l’état d’esprit que l’on appelle la «présence ouverte» est une vision panoramique: vous percevez les informations, les sons, les images, mais cela n’enclenche pas un processus de pensée.
Comment faire, concrètement, pour développer cette capacité à la pleine conscience?
Ayant tellement entendu cette question, je me suis résolu à écrire un bouquin, «L’Art de la méditation». Le «tout rapide, tout facile, tout bon marché», à un moment donné, ça ne marche plus. Il y a un minimum d’effort et d’attention aux méthodes qui sont nécessaires. C’est comme pour le piano: personne n’imagine pouvoir apprendre en un mois sans effort et sans méthode. Si vous voulez développer des qualités humaines, il faut rendre votre esprit malléable et disponible, avec par exemple des méditations sur un objet ou sur le va-et-vient du souffle. La première étape, si vous voulez faire quoi que ce soit avec votre esprit, c’est d’affiner un peu votre attention. Après, seulement, peuvent venir l’amour altruiste ou la gestion des émotions. "